Un coq et des poules, des paysans maniant la faux, des fichus et des sabots : tel est le cadre bucolique de La Fille mal gardée où la jeune Lise, fille de ferme amoureuse du paysan Colas, ne cesse de déjouer la vigilance de sa mère qui veut la marier de force à un autre homme, plus fortuné, mais benêt. Créé en juillet 1789 au Grand Théâtre de Bordeaux, ce ballet le plus ancien du répertoire classique, signé à l’origine par Jean Dauberval, trouve en 1960 de nouvelles couleurs dans la version de Frederick Ashton pour le Royal Ballet de Londres. Entrée au répertoire de l’Opéra de Paris en 2007, sa chorégraphie séduit par sa fraîcheur et sa fantaisie parfois cocasse. En virtuose, Frederick Ashton compose une galerie de personnages irrésistibles au son de chansons populaires et d’airs d’opéras-bouffes, ajoutant çà et là une tendre poésie amoureuse qui s’incarne dans la délicatesse d’un ruban de satin rose.