
Dix ans après sa première exposition à la galerie, Polka accueille de nouveau Matt Henry avec « Palm », une série construite autour de la figure du palmier. Le photographe gallois de 48 ans rend hommage à la plus célèbre des plantes tropicales, en en faisant l’instrument d’une étonnante analyse socio-politique.
100 ans après les premiers voyages des photographes explorateurs autour de la Méditerranée, où les palmiers participent de tout un imaginaire fantasmé, voici qu’ils ressurgissent dans les années 1960 revisitées par Matt Henry. Les aventures orientalistes sont déjà loin. Une révolution industrielle et deux guerres mondiales sont passées par là. La photographie ressuscite en couleur et Kodak s’installe dans tous les foyers. Le palmier, ce vieux frère hier symbole du sublime exotique, façonné par les fantasmes d’abondance tropicale, resurgit dans l’imaginaire triomphant de l’après seconde Guerre Mondiale, cette fois-ci en plein cœur de l’Occident.
Fasciné par la la culture et la contreculture américaines des années 1960 et 1970, Matt Henry travaille depuis dix ans sur des « short-stories », des fictions photographiques. « Palm » en réunit trois, dans une sorte d’essai photographique où le palmier fait figure de prisme analytique.