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Exposition·Payant

Cezanne et nous

Quand
Du 23 septembre 2026 au 18 janvier 2027
8e arr.

L’exposition ambitionne de présenter largement l’œuvre de Paul Cezanne (1839-1906) au regard de son héritage artistique, dans un dialogue constant, synthétique et inédit. Elle témoigne de la postérité sans comparaison de l’artiste, du moment où, reclus à Aix, certains se demandent s’il existe réellement, au « mythe Cezanne » du XXe siècle, comme père fondateur de la modernité picturale.

Suivant un axe historiographique fort, sans négliger la question iconographique, l’exposition prend ainsi en compte la manière dont Cezanne – et quel Cezanne ? – pouvait être vu et acheté par les artistes dès les années 1880, époque où il n’expose plus, grâce au père Tanguy et quelques collectionneurs, artistes pour certains.

Elle traite ensuite des moments clés de la reconnaissance française puis internationale de l’artiste à travers les premières expositions monographiques organisées par Ambroise Vollard entre 1895 et 1901, l’entrée de deux de ses œuvres au Musée du Luxembourg grâce au legs Caillebotte (1894), puis les expositions monographiques du Salon d’automne et les premières grandes expositions internationales dans lesquelles il est inclus.

Ces événements font le succès critique et commercial de l’artiste et l’installent au rang de père de la modernité, tant pour les mouvements d’avant-garde européens des années 1910, que pour les grands collectionneurs internationaux. 

C’est au prisme de cette première histoire que l’exposition se fonde, en examinant un Cezanne ancré moins dans l’histoire du mouvement impressionniste que dans celle du symbolisme naissant, que célèbre Maurice Denis dans son « Hommage à Cezanne » en 1900. Cette pluralité réceptive qui se joue dès l’origine engage à penser la réception de l’artiste en creux, dans les possibles développements de son œuvre, où le triomphe de l’art moderne et celui du formalisme qui lui est associé, la réduction de la peinture à ses éléments fondamentaux, ne cessent d’être travaillés ou dépassés. C’est ainsi qu’au-delà de ces premiers grands moments, l’exposition interroge l’héritage de Cezanne dans l’entre-guerre, notamment de sa réception nationale et internationale. L’artiste, devenu global, est ensuite regardé de l’après-guerre à l’art contemporain de manière kaléidoscopique, autant par les tenants de l’abstraction lyrique que par ceux de la peinture hard edge. C’est cette histoire complexe qu’il convient de montrer, en interrogeant particulièrement ce qu’il advient de Cezanne à l’heure du post-modernisme. 

« Cezanne regardé par » est bien le fil conducteur de cette exposition qui, par son accrochage, alterne des recréations de présentations historiques et des salles privilégiant des confrontations œuvre à œuvre au parti pris esthétique plus fort. Il s’agit ainsi d’offrir aux visiteurs une relecture rétrospective de l’œuvre de Cezanne par le prisme d’un regard résolument contemporain.