Huit ans après le succès des Indes galantes , le chef d’orchestre Leonardo García Alarcón revient à l’Opéra de Paris avec une pépite : une partition d’Antonia Bembo, compositrice du XVIII e siècle dont la vie tumultueuse ressemble à un roman. Fuyant un mari violent, cette Vénitienne se réfugie à la cour de Louis XIV où elle reçoit la protection du roi. C’est en France qu’elle forge un style personnel, à cheval entre la culture italienne et française, puis écrit son opéra Ercole amante en 1707, sur le livret jadis utilisé par son maître Francesco Cavalli. Jamais représenté dans une mise en scène en Europe, cet Hercule amoureux , marqué par une originalité harmonique et une grande virtuosité vocale, fait son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris. Netia Jones s’empare de cette œuvre baroque où foisonnent dieux et éléments surnaturels pour mieux en révéler la modernité : celle d’un homme puissant mais vieillissant, qui n’arrive pas à entendre le refus d’une femme.