
Madeleine de Sinéty, Poilley , 1974 © Succession Madeleine de Sinéty Exposition
Cette exposition, qui met en lumière plusieurs séries de photographies totalement inédites, est la première rétrospective consacrée à Madeleine de Sinéty (1934-2011), dont l’œuvre a été peu montrée de son vivant: seul son travail en noir et blanc avait été partiellement dévoilé, notamment lors d’une exposition à la Bibliothèque nationale de France en 1996 et d’une autre aux Etats-Unis, au Portland Museum of Art dans le Maine en 2011.
Son œuvre, solitaire, construite à l’écart des commandes et des publications, s’est entremêlée à son quotidien et à ses allers-retours entre la France et les États-Unis. Née dans un château du Val de Loire détruit par un incendie quand elle avait quatorze ans, Madeleine de Sinéty commence son parcours artistique à Paris au milieu des années 1960 en tant que dessinatrice de mode pour des magazines. L’envie de créer semble l’avoir toujours animée; elle aurait pu écrire ou peindre, mais c’est la photographie qui conjugue le plus grand nombre de ses aspirations et qui l’emporte. Après des études à l’École des arts décoratifs de Paris, elle commence à photographier en autodidacte, en couleurs comme en noir et blanc. Timidement d’abord, en 1970, avec des images de son quartier – celui de la gare Montparnasse, alors en pleine mutation -, puis dans les rues de New York, où elle séjourne à plusieurs reprises avec son mari Daniel Behrman, journaliste américain rencontré à Paris; autour des trains à vapeur, enfin, une passion d’enfance qu’elle prolonge ainsi avec ce médium. C’est aussi là qu’elle trouve une autre distance avec ses sujets : elle se lie d’amitié avec des cheminots, réalise leurs portraits, partage leurs temps de repos et découvre les réalités du monde ouvrier.