En parallèle du programme de performances du Musée Vivant de la Mode présenté au sein de la Fondation Cartier, Olivier Saillard déploie un Musée de la Mode en vitrine dans les vitrines aux boiseries Belle Époque de la galerie Valois, situées dans une artère du métro Palais-Royal, reliant autrefois le métro aux Grands Magasins du Louvre qui ont vu naître les prémices de l’industrialisation du vêtement.
Cet état des lieux du Musée de la Mode questionne la manière dont les vêtements et la mode sont usuellement présentés dans les musées. Chaque vitrine interroge ainsi une présentation de la mode réduite au silence et à l’immobilité : les mannequins statiques, les vêtements exposés comme des objets et les vitrines fermées évoquent la disparition des modes, victimes de leur caractère éphémère. Une valise, argument nomade pour un musée de poche, des mannequins de cire dans les positions de visiteurs d’une exposition dont ils sont eux-mêmes les œuvres visibles, proposent une alternative aux procédés officiels.
Une autre histoire de la mode, volontiers plus sociale que stylistique, célèbre par le geste restitué, le mouvement et la poétique du vêtement ordinaire, sans que jamais les œuvres ne soient condamnées aux silences des vitrines.