Sur les bords de la Volga, dans une petite bourgade russe, vit une âme poétique : Katia Kabanova. Comment ne pas se sentir étouffée en compagnie d’un mari démissionnaire et d’une belle-mère tyrannique ? Katia croit pouvoir assouvir sa soif d’absolu dans les bras d’un autre homme, mais c’est sans compter sur la morsure du remords qui la conduit vers un destin tragique. En s’inspirant de la pièce L’Orage d’Alexandre Ostrovski, Leoš Janáček livre en 1921 au Théâtre national de Brno le magnifique portrait d’une femme sensible et complexe, écartelée entre la force de son désir et la pression sociale. Tendre, lyrique et brûlante, la partition à fleur de peau se nimbe d’une orchestration chatoyante. En transposant l’œuvre dans la cour d’un immeuble des pays de l’Est, où les voisins s’épient ou s’ennuient, le metteur en scène Christoph Marthaler fait éclater le drame intérieur de Katia Kabanova.