Il suffit d’un regard pour que Roméo et Juliette tombent amoureux. Mais leur passion se heurte à la haine ancestrale que se vouent leurs familles dans une Vérone au bord de l’implosion. Si Charles Gounod est attiré dès sa jeunesse par la pièce de Shakespeare, ce n’est qu’une vingtaine d’années plus tard, auréolé du succès de Faust , qu’il s’attèle à la mettre en musique. Créé pendant l’Exposition universelle de 1867, l’opéra remporte d’emblée un succès populaire. Quatre duos d’amour, une valse ardente, une musique lumineuse : toute la partition frissonne de désir. Qui mieux que Thomas Jolly, l’un des metteurs en scène les plus inventifs de sa génération pouvait célébrer cet hymne à la jeunesse ? Ce fin connaisseur de Shakespeare restitue les émois adolescents tout en réintroduisant dans l’opéra un élément crucial de la pièce : l’épidémie de peste qui injecte aux personnages une urgence de vivre et de s’aimer.