« Werther a causé plus de suicides que la plus belle femme du monde », écrivait Mme de Staël. De fait, le premier roman de Goethe Les Souffrances du jeune Werther , publié en 1774, constitua pour toute une génération un choc littéraire et esthétique, préfigurant le romantisme. Composé un siècle plus tard, à la fin du XIX e siècle, l’opéra de Jules Massenet s’inspire du roman et décortique le sentiment amoureux. La passion fatale entre Werther et Charlotte s’incarne dans une musique lyrique tour à tour mélancolique ou fougueuse, marquée par le célèbre air « Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps ? ». Sommet de l’opéra français, l’ouvrage revient à l’Opéra national de Paris dans une nouvelle production. Voulant redonner toute sa place à la forme épistolaire du roman de Goethe, Robert Carsen place la littérature au centre de sa mise en scène en inscrivant l’action dans une immense bibliothèque.